La débusqueuse de mondes

Serais-je dans une période SF affirmée ? Il semblerait – d’autant plus qu’un autre roman dans ce genre va bientôt rejoindre ma PAL dans les prochains jours, et devrait être lu très, très vite. Mais aujourd’hui, on va parler d’une aventure spatiale très originale !

debusqueuse
La débusqueuse de mondes

4e de couverture

À bord de son cybersquale nommé Koba, D’Guéba, une créature aux allures de grenouille, parcourt l’espace à la recherche de planètes abandonnées qu’elle pourra terraformer puis revendre. D’Guéba est une experte, elle est débusqueuse de mondes.
Alors qu’elle explore l’un de ces mondes dans l’espoir de se l’approprier, D’Guéba fait la connaissance d’Otton, un Humain, seul survivant du crash du vaisseau dans lequel il était esclave pourvoyeur de rêves. Bavard, pot de colle et a priori doté d’une intelligence limitée, Otton s’invite à bord de Koba.
Alors que la batracienne a bel et bien l’intention de se débarrasser de ce passager gênant dans le spacioport où elle pense conclure une affaire, les événements ne vont finalement pas se dérouler comme prévu…
Dans cette histoire narrée tour à tour par ses trois personnages principaux et non sans humour, Luce Basseterre nous emmène à la rencontre d’êtres étonnants et de mondes aussi riches que diversifiés.

L’auteure nous entraîne avec ce récit enlevé, bien rythmé, dans une aventure palpitante. Yozone.fr.

Embarquez sans hésiter ! Le monde de Zordar.

Mon avis

Voici un livre que j’avais envie de lire depuis très longtemps, sans en avoir eu l’occasion auparavant. Je ne suis pas une habituée des space-opera en littérature, et j’avoue humblement ne pas en connaître les codes, s’il en existe. Je me suis donc plongée dans ce livre avec un regard de néophyte curieuse.

Nous suivons dans ce roman les aventures de trois personnages principaux qui, à première vue, n’ont pas grand chose en commun : D’Guéba, exploratrice et débusqueuse de mondes, Koba, vaisseau-requin rescapé d’une guerre, rare représentant de son espèce disparue, et Otton, modeste humain maladroit et aussi collant que le sparadrap du capitaine Haddock. Le hasard fait que les deux premiers rencontrent le troisième, et les accompagne dans une aventure pour le moins étonnante d’un bout à l’autre d’une galaxie très, très lointaine.

Ce qui m’a frappée, en premier lieu, c’est la profusion d’êtres (de races, si vous voulez) présente dans ce roman, tous parfaitement imaginables : félidés, reptiliens, batraciens, squales et même êtres-plantes. Luce Basseterre semble avoir fait évoluer les créatures terrestres pour peupler son univers, lui conférant une vraie profondeur. Au-delà même de cette évolution réussie, j’ai eu l’impression, tout au long de ma lecture, d’avoir devant les yeux une myriade de couleurs, une vraie palette, éclatante. Je n’ai eu aucun mal à me représenter tous ces personnages, à les imaginer, et toujours je gardais cette impression de couleurs dans mon esprit.
Autre point essentiel, la tolérance qui émane des mots de Luce Basseterre m’a à plusieurs reprises réchauffé le cœur. Pas parce qu’elle nous abreuve de mièvreries (loin de là), mais parce que son texte est juste tolérant, envers toutes les formes d’être qui puissent exister. Elle nous présente ses personnages tels qu’ils sont, sans rien imposer, juste en les traitant comme n’importe quel autre : qu’il s’agisse des femmes, des créatures apparemment dénuées d’intelligence, des êtres asexués, etc., ils sont là, ils existent, tels qu’ils sont, et l’autrice ne porte aucun jugement, pas plus qu’elle ne nous incite à en porter un. J’ai adoré cette délicatesse.
Le roman aborde aussi des notions plus complexes et qui poussent à réfléchir. L’autrice nous évoque ainsi la liberté, mais aussi l’importance de la vie et le respect à lui accorder. Vie sous toutes ses formes : qu’elle soit humaine, animale, végétale, ou même celle d’une planète entière. En définitive, elle nous pousse à nous demander où se trouve notre place dans ce vaste univers, et qui nous pensons être pour décider du droit de vie ou de mort de ce qui nous entoure. Sans oublier bien sûr un destin qui, plus que tout autre, devrait nous apparaître clairement : celui de la Terre elle-même.

Mais, et l’action dans tout ça ? Eh bien elle est tout à fait présente, fort bien dépeinte, pas du tout laissée de côté. La fin m’a paru digne d’un Star Trek (je suis fan de Star Trek, tout le monde s’en fiche, mais maintenant vous le savez) et la scène finale m’a emballée ! On reste dans un space-opera après tout, et on est gâtés, nous lecteurs, par ces voyages dans l’espace et cette bataille mémorable.

 

J’ai particulièrement aimé les personnages de D’Guéba et Koba. Leur relation de confiance et d’amitié, qui se traduit par des mots aussi simples qu’un « ma grenouille » disséminé çà et là dans le texte, et qui rend leurs sentiments palpables et vrais. D’Guéba n’a besoin de personne mais se fie entièrement à son cyber-squale, et ce dernier le lui rend bien. Il m’a fallu plus de temps pour aimer Otton, mais je me suis rendue compte, en arrivant sur la fin du livre, que ce personnage était juste parfait tel qu’il était, avec sa maladresse, et que je m’étais, lentement mais sûrement, attachée à lui. Bizarrement, d’autres personnages secondaires m’ont fait le même effet – j’ai même été triste pour l’un d’entre eux. 😦

En définitive, je retiens surtout, dans ce roman, toutes ces couleurs dont je parlais un peu plus haut. Il n’y a pas de noirceur comme on en trouve tellement souvent dans la SF, pas de drame lourd, pas de revendications politiciennes, juste l’aventure, la tolérance, la tendresse, comme celle qui lie D’Guéba et Koba. En clair : une science-fiction divertissante et portée par une plume parfaitement maîtrisée, comme on en voit peu. Voilà qui mérite de lui accorder toute son attention.

En bref :

  • de la SF colorée
  • beaucoup de tolérance et des messages savamment distillés
  • des protagonistes attachants
  • un vrai livre d’aventure, mais dans l’espace

Les détails techniques

Titre : La débusqueuse de mondes
Autrice : Luce Basseterre
Illustrateur : ?
Editeur : Le Livre de Poche (précédemment paru chez Mü Éditions)
ISBN : 978-2253820161
Pages : 384
Prix : 8,20€


3 réflexions sur “La débusqueuse de mondes

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s