Féerélia : Moïra

C’est le printemps ! Il fait beau, j’adore cette saison (ma préférée de l’année, et tout le monde s’en fiche). Je reviens avec mon 2e service presse, une lecture proposée par Florina l’Irlandaise sur son roman Féérélia : Moïra.

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Féerélia : Moïra

4e de couverture :

Mes parents sont des dieux ?
Ma sœur adoptive une sorcière ou une métamorphe ?
Mon premier amour: un prince charmant ?
Son meilleur ami: un dragon, me suit partout.
J’atterris sur ce monde: la Terre.
Comment leur expliquer que je ne suis pas de cette époque, pas de ce monde et pas comme eux ?
Absolument, personne ne doit connaître mes secrets.
Il va falloir la jouer fine. Ou je finirais entourée de bonshommes en blanc et quelque chose me dit que cela ne va pas me plaire.
Je vais connaître la guerre, la peur, l’humiliation ce que les mondes peuvent faire de pire, mais aussi le meilleur.

Entre amour et amitiés, trahison et horreur. Le destin extraordinaire d’une famille et de leurs amis.
Je m’appelle Moïra, fille du dieu Dagda et de la déesse Macha.
Nous sommes au début d’un bouleversement pour l’univers comme vous le connaissez.

Je suis née en FÉERÉLIA, un endroit créé par mes parents pour protéger les mondes, que ce soit de la folie des dieux ou de celle pire encore de Morrigann.
Et moi, dans tout ça. Quel est mon rôle ? Si vous le connaissez, faites-moi signe.

Mon avis :

J’adore les légendes celtiques. Les histoires de Cerridwen, Morrigan, du Dagda, de Cernunnos et de Brigid ont bercé mon adolescence – et aujourd’hui encore, je prends un immense plaisir à me plonger dans cette mythologie riche et foisonnante. Quand Florina l’Irlandaise a proposé son roman en SP, j’ai sauté sur l’occasion !

J’ai tout d’abord beaucoup aimé la richesse qu’on perçoit dans l’imaginaire de l’autrice. Les différents mondes, les nombreux personnages, les péripéties qui rythment l’action, constituent pour moi les ingrédients de base d’un bon roman, et sur ce point, on est servis. Florina l’Irlandaise a de la matière et elle ne manque pas d’imagination. J’aime ça ! L’histoire est cohérente, un peu confuse parfois mais elle suit son cours sans se perdre, ce qui est un très bon point.

Malheureusement, à ces ingrédients de base manquent pour moi les liants et les arômes, ceux qui font que la recette à du goût. Et le plus gros défaut que j’ai relevé, c’est le manque de détails. Certes, il y a plusieurs mondes dans l’univers de Féerélia, mais on ne les voit pas. On ne nous les décrit pas. Les lieux sont rarement esquissés : quelques traits rapides pour nous présenter une chambre ou une maison, mais c’est tout. Tout passe par le point de vue des personnages et leur ressenti, mais il en ressort une impression de vide, comme s’ils flottaient dans un décor flou et pas vraiment défini.
Ce défaut de détails se retrouve dans un autre point négatif, classique (on me l’a déjà reproché aussi) : le show, don’t tell. Keskecékesa ? Le show, don’t tell, c’est une règle d’écriture qui signifie « montre, ne dis pas », et par extension le défaut inverse de l’auteur, à savoir le fait de dire quelque chose sans le montrer, sans le faire jouer par ses personnages ou l’action. Dans de nombreuses situations, l’autrice nous présente un personnage en nous affirmant quelque chose sur lui sans le mettre en scène (le meilleur exemple : Dyclan, qu’on nous dit très méchant, mais dont on ne voit finalement rien du tout). L’autrice nous demande de la croire sur parole, mais le lecteur, lui, a envie de se faire sa propre opinion. On n’aime pas un personnage parce qu’on nous dit qu’il est sympa : on l’aime parce qu’on le trouve sympa, au fil de ses actions, de ses paroles, etc. Inversement, on ne déteste pas un personnage parce qu’on nous dit qu’il est méchant : on veut le voir en action, juger, nous-même, de sa perversité. Féerélia : Moïra tombe hélas dans ce travers, et je pense que c’est parce qu’il manque d’approfondissements.
Comme je l’ai dit au début, il y a beaucoup de personnages (ce qui en soit est un bon point), et le fait qu’ils soient si peu esquissés dans leur personnalité et leurs actes nous empêche de les distinguer les uns des autres. J’ai eu un mal fou à faire la différence entre Fergus, Kiel, Zoltan et Dyclan, par exemple : je ne savais jamais qui était qui.
J’aurais également aimé que l’histoire prenne plus de temps à se dérouler. Personnellement, j’apprécie quand les personnages évoluent, quand ils apprennent au fur et à mesure du roman, quand l’histoire se dévoile peu à peu. Tout va très vite dans Féerélia : Moïra, et on le perçoit dès la première scène qu’on ne comprend pas. Qui est Ciara ? Pourquoi Macha se sent-elle si proche d’elle ? Quel est le rôle du Dagda là-dedans ? On ne comprend pas grand chose et c’est très frustrant. La rapidité se ressent aussi dans les romances qui sont à mon sens très superficielles, et qui rejoignent le show, don’t tell que j’évoquais plus haut : les personnages se rencontrent et tombent follement amoureux en quelques instants. Pourquoi, on ne sait pas – hormis l’attirance physique. Ils ne se découvrent pas au fil du temps, non, ils n’apprennent pas à se connaître. Ils s’aiment et c’est tout. Le couple qui en pâtit le plus est, à mon avis, le principal du roman (Moïra / je-laisse-planer-le-mystère). Leur histoire est tellement rapide qu’elle n’est hélas pas du tout crédible. La relation Ciara / Mebahel, ma préférée, en souffre également beaucoup, car finalement l’autrice nous impose leurs sentiments sans expliciter ce qui les lie vraiment, et c’est très dommage.
Ah, et petit coup de gueule personnel : j’aime pas les bébés. Je déteste quand on résume un personnage féminin au fonctionnement de son utérus. Voilà, c’est dit.

Je dois quand même saluer la qualité de l’écriture. Pas de fautes, j’adore, si ce n’est le problème de concordance des temps (le passé simple qui s’incruste sans trop savoir pourquoi dans une histoire au présent), mais ça n’a pas gêné ma lecture. La couverture est magnifique, un très joli travail de Caroline Lor.

Mon impression concernant ce roman est en définitive très mitigée. Je n’ai pas détesté, loin de là. Au final, je me suis prise de sympathie pour certains personnages (Ciara en particulier, que je trouve très intéressante) ainsi que pour les enjeux. J’aurais lu la suite avec plaisir si je n’avais pas trouvé l’ensemble si superficiel, si survolé. J’aurais aimé plus d’approfondissement, de tout : le monde, les personnages, leurs liens, etc. C’était un ouvrage qui partait avec du potentiel, mais qui hélas ne le concrétise pas.

En conclusion :

  • un univers riche, mais à peine esquissé
  • de nombreux personnages, hélas sous-exploités
  • un roman qui mêle romance et fantasy
  • une histoire qui tient la route

Les détails techniques :

Titre complet : Féerélia : Moïra
Autrice : Florina l’Irlandaise
Éditeur : Auto-édité
Illustratrice : Caroline Lor
ISBN : 978-1718190696
Genre : Romance / Fantasy
Pages : 344
Prix : 16,35€


2 réflexions sur “Féerélia : Moïra

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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