La candeur de la Rose

Voilà un petit moment que je n’étais pas revenue. Le début d’année a été marqué par la reprise de l’écriture, puis un accident de voiture qui m’a tenue éloignée un mois de l’ordinateur… Voici ma dernière lecture SFFF francophone en date. J’avoue, j’ai un peu traîné des pieds pour rédiger cette chronique.

La candeur de la Rose

4e de couverture :

Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer.
Comment l’enfer m’aurait enchaînée.
Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin.
Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations.
Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances.
Amours, amitiés ou loyautés.
Cette histoire serait toute autre. Mon histoire.
Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir.

Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’oppose à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

Mon avis :

Cette lecture s’annonçait passionnante ! J’ai été séduite par la sublime couverture d’Anna Dittmann, une splendeur ! Le tome 2 est tout aussi superbe. Sur ce point, le travail réalisé mérite d’être souligné et applaudi.

Hélas, le texte n’a pas été à la hauteur de ces promesses. Le fond, malgré tout, me semblait intéressant. Des jeunes gens héritiers de Dieux, façon Belgariade de David Eddings, se lancent dans une quête pour libérer la délicate Diphtil d’un destin plus que funeste : classique mais efficace, et cela aurait pu me tenir en haleine durant tout le roman. Malheureusement, c’est la forme qui a péché. Le style d’écriture m’a semblé beaucoup trop lourd, avec des tournures de phrases ampoulées qui rendaient la lecture pénible, des mots compliqués employés à mauvais escient… Je me suis accrochée un long moment, parce que j’avais envie de savoir ce qui arrivait aux personnages, mais j’ai fini par décrocher complètement, lassée et agacée. Nul besoin d’utiliser un tel style pour montrer qu’on sait manier les mots – en ce sens, la divine Magali Villeneuve et sa saga La Dernière Terre, que je chroniquerai sans doute prochainement, en sont un parfait exemple.
Les personnages ne m’ont pas convaincue non plus, en particulier l’héroïne. Enfermée depuis l’âge de onze ans dans un monastère, jusqu’à l’âge de dix-sept ans, Diphtil parle à la façon d’une précieuse. Certes, je conçois qu’elle a reçu une bonne éducation, mais ça n’en fait pas non plus une princesse, surtout après avoir vécu plus de la moitié de sa vie comme une paysanne. Son attitude est souvent drôle, cependant, ce qui amène quelques sourires au lecteur, mais sa façon de parler donne juste envie de la claquer. Quant à son antagoniste, Yasalyn, l’autrice a bien insisté sur le fait qu’elle est terriblement méchante et terriblement vilaine (la preuve : elle n’hésite pas à séduire les hommes qui lui plaisent, la garce). Il aurait été plus appréciable de la traiter avec subtilité, voire de nous révéler sa duplicité plus tard, sans compter qu’elle a un bagage intéressant. Néanmoins, on ne croit pas vraiment qu’elle puisse être tellement douée à son âge. En revanche, j’ai bien aimé Astiran et Naïd, ce dernier étant sans doute le plus approfondi des personnages.
Les romances prennent beaucoup de place dans ce premier tome, au point de ralentir l’histoire. Là encore, cela ne sert pas la narration puisqu’on finit par s’ennuyer. J’avoue ne pas avoir été au bout de ma lecture, chose rare, mais il semblerait que le dernier tiers du roman soit cependant beaucoup plus rythmé. Hélas, pour moi, cela arrive bien trop tard…

Il faut cependant saluer la grande créativité de l’autrice, Ielenna, qui a su imaginer un monde cohérent et une intrigue qui pourra sûrement tenir en haleine des lecteurs et lectrices plus jeunes que moi. Je pense en effet que mon âge m’a rendu plus hermétique aux bluettes sentimentales et donc à une grande partie du roman, mais je suis persuadée qu’il pourra plaire à beaucoup d’autres. Nul doute que les prochains textes de Ielenna gagneront en maturité et qu’elle saura se débarrasser des défauts dont j’ai parlé plus haut. Je ne peux également qu’apprécier la grande qualité esthétique de l’ouvrage, qui traduit bien le désir de l’autrice de plaire à son lectorat. Un détail à souligner.

En définitive, ce roman a malheureusement été une déception et je ne lirai pas la suite. Je suivrai tout de même les prochains travaux de Ielenna, car je pense que son style évoluera beaucoup au cours de ces prochaines années.

En conclusion :

  • une intrigue classique, mais au schéma qui fonctionne toujours
  • un style trop lourd qui gagnerait à être allégé
  • une héroïne imbuvable, quelques personnages secondaires intéressants
  • beaucoup de romance

Les détails techniques :

Titre complet : Les chroniques des Fleurs d’Opale, tome 1 : La candeur de la Rose, partie 1
Autrice : Ielenna
Editeur : Auto-édité
Illustratrice : Anna Dittmann
ISBN : 978-2956065203
Genre : Fantasy
Pages : 468
Prix : 20,00€


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